Vous sentez cette odeur de beurre qui dore au four, qui rappelle les dimanches chez votre grand-mère ? Le far breton au beurre salé, c’est exactement cela. Un dessert tout simple, sans fioritures, mais qui réchauffe le cœur et qui fond doucement en bouche. Aujourd’hui, l’idée est de vous transmettre une version ultra fondante, avec les bons gestes et les petits secrets que l’on ne dit pas toujours.
Un far breton de grand-mère, simple… mais profondément réconfortant
En Bretagne, le far breton nature fait partie des desserts intouchables. Pas besoin de pruneaux ni de pommes. Ici, tout tourne autour du lait, des œufs, de la farine, du sucre et d’un beurre salé généreux qui parfume tout.
À la sortie du four, le far est gonflé, presque fier, avec des bords bien caramélisés. En refroidissant, il se tasse, devient plus dense, plus fondant. Ne vous inquiétez pas, c’est exactement ce qu’il doit faire. On est entre le flan, le gâteau de lait et un clafoutis sans fruits. Un dessert de maison, à partager en grandes parts, posé au centre de la table.
Les ingrédients pour un far breton ultra fondant au beurre salé
Pour un grand plat rectangulaire d’environ 30 × 20 cm (6 à 8 personnes) :
- 200 g de farine de blé (T45 ou T55)
- 200 g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé (15 à 20 g environ)
- 4 œufs de taille moyenne
- 50 cl de lait entier, bien froid
- 50 g de beurre salé pour la pâte
- 20 à 30 g de beurre salé en plus pour le plat
Le lait entier donne une texture plus onctueuse, presque crémeuse. Si vous n’avez que du demi-écrémé, la recette fonctionne, mais le résultat sera un peu moins généreux. Pour le beurre, un beurre salé breton, voire un beurre demi-sel avec cristaux, apporte un parfum puissant et de petites notes croquantes très agréables.
Les gestes clés pour un far de grand-mère vraiment fondant
Le vrai secret ne se cache pas seulement dans la liste des ingrédients. Il est surtout dans la chaleur du plat, dans le beurre qui chante, dans le contraste entre la pâte froide et le plat brûlant. C’est cette étape qui donne la fameuse croûte dorée autour d’un cœur moelleux.
1. Préparer le plat et faire chauffer le beurre salé
Préchauffez votre four à 230 °C, en chaleur traditionnelle si possible. Découpez au total 70 à 80 g de beurre salé en morceaux (50 g pour la pâte, 20 à 30 g pour le plat). Déposez tous les morceaux de beurre dans un grand plat à gratin d’environ 30 × 20 cm.
Glissez le plat au four pendant quelques minutes. Le beurre doit fondre complètement, puis commencer à mousser et à prendre une couleur noisette. Surveillez bien. Dès que l’odeur rappelle la noisette, la brioche, retirez le plat. Le beurre doit être doré, jamais brûlé.
2. Préparer une pâte bien lisse, sans grumeaux
Pendant que le beurre chauffe, versez dans un grand saladier 200 g de farine, 200 g de sucre et les 2 sachets de sucre vanillé. Mélangez pour bien répartir les sucres dans la farine.
Ajoutez ensuite les 4 œufs, un par un, en fouettant à chaque ajout. Vous devez obtenir une pâte épaisse mais homogène, sans gros paquets. Versez alors les 50 cl de lait entier en deux fois, tout en fouettant. La pâte devient fluide, un peu plus épaisse qu’une pâte à crêpes.
Si vous voyez encore des grumeaux, n’hésitez pas à passer un coup de fouet énergique ou à filtrer au chinois. Plus la pâte est lisse, plus votre far breton sera délicat et fondant.
3. Verser la pâte dans le beurre brûlant
Quand le beurre est bien chaud et légèrement coloré, sortez le plat du four avec précaution. Inclinez-le pour napper le fond et les bords. Le but est d’avoir une couche fine et brillante de beurre sur toute la surface intérieure.
Versez immédiatement la pâte froide dans ce plat brûlant. Vous allez voir le beurre remonter sur les côtés et par endroits à la surface. C’est exactement le choc thermique recherché. C’est là que se prépare la future croûte caramélisée et crousti-fondante.
4. Cuisson pour un far doré dehors, moelleux dedans
Baissez la température du four à 210 °C. Placez le plat sur la grille du milieu et laissez cuire environ 30 à 35 minutes. Le temps peut varier légèrement selon votre four.
Le far est cuit lorsqu’il est bien gonflé, les bords brun doré, le centre encore légèrement tremblotant lorsque vous bougez le plat. Ne cherchez pas à le cuire jusqu’à ce qu’il soit totalement figé, il finir de se raffermir en refroidissant. Si la surface colore trop vite, posez simplement une feuille de papier cuisson par-dessus en fin de cuisson.
Comment servir votre far breton… et le rendre irrésistible
Le far breton au beurre salé est délicieux tiède comme froid. Tiède, la texture est encore un peu crémeuse, très fondante. Froid, il devient plus compact, se découpe facilement en jolis carrés ou rectangles.
Servez-le en parts généreuses, sans décoration compliquée. Un verre de cidre brut bien frais, un thé léger ou un café allongé l’accompagnent parfaitement. Pour une version encore plus gourmande, vous pouvez ajouter une cuillère de crème fraîche épaisse ou quelques lamelles de pomme juste poêlées au beurre et légèrement sucrées.
Conservez le far au réfrigérateur pendant 2 à 3 jours. Sa texture se raffermit, presque comme une crème prise. Si vous aimez le retrouver tiède, réchauffez- le quelques minutes à 120 °C, simplement pour lui rendre du moelleux sans le recuire.
Les petits secrets pour un far vraiment inoubliable
Un far breton réussi demande peu de technique. Il réclame surtout de la précision et de l’attention aux détails. Quelques points font toute la différence.
- Utiliser du lait entier froid pour une texture plus riche et fondante.
- Ne pas trop réduire le sucre. Il aide à la fois au goût et à la caramélisation des bords.
- Respecter le choc thermique : pâte froide, plat très chaud, beurre fumant.
- Laisser le far reposer au moins 20 à 30 minutes avant de le couper. Il se tient mieux et garde tout son fondant.
Et puis il y a tout le reste. Le même plat à gratin qu’on ressort à chaque fois. L’odeur qui envahit la maison. La première part un peu de travers, parce que l’on est pressé d’y goûter. Ce sont ces gestes, ces moments, qui transforment une pâte simple en dessert de souvenir, celui que l’on a envie de refaire encore et encore.
Un classique familial qui deviendra votre recette fétiche
Ce far breton de grand-mère au beurre salé n’a pas besoin de glaçage, de crème ni de décoration. Il se suffit à lui-même. Il coûte peu, se prépare rapidement, ne demande aucun matériel spécial, juste un peu de patience pour la cuisson et le repos.
Une fois que vous aurez testé cette version très fondante, avec le beurre bien chaud et la croûte dorée, il y a fort à parier qu’elle devienne un de vos classiques. Pour les goûters d’enfants, les repas de famille, ou simplement pour inviter un peu de Bretagne dans votre cuisine à chaque bouchée.









